Les paysans français ne disent plus seulement « à ce rythme nous ne finirons pas l’année »,

mais pire, ils se préparent à mettre la clé sous la porte.

Deux tiers des exploitations agricoles Françaises sont aujourd’hui en situation de graves difficultés.

Alors, quelles solutions ?

Si on considère que l’agriculture n’est pas une marchandise comme les autres et que sa mission première est de nourrir les hommes, elle doit être retirée de l’OMC, des politiques libérales de l’UE et des marchés spéculatifs.

La nouvelle PAC réformée, avec un budget spécifique après 2013, doit avoir comme socle :

  • des prix rémunérateurs pour les paysans,
  • la souveraineté alimentaire
  • le respect de l’environnement

Notons que le droit au revenu des agriculteurs reste à conquérir, allant dans le sens du projet de loi déposé par le groupe communiste, républicains et du PG en décembre 2009 à l’Assemblée Nationale .
Saluons ici le courage de notre groupe politique d’avoir osé le faire.C’est un point d’appui incontestable pour les paysans et leurs organisations syndicales s’ils veulent que les curseurs bougent en leur faveur.

En Midi-Pyrénées, l’activité agricole et agro-alimentaire reste le premier secteur économique avec environ 100 000 emplois, soit le double du tourisme ou de l’aéronautique.Toujours dans Midi- Pyrénées, l’agro-alimentaire sur tissus agricole local représente 25800 salariés pour 1100 entreprises et un chiffre d’affaire de 11 milliard d’€. En Tarn-et- Garonne, l’emploi issus de l’amont et de l’aval de l’agriculture représente 15000 emplois et 20 000 avec les agriculteurs.

L’agriculture est un secteur à part entière, dont le poids économique, social et stratégique justifie une politique spécifique, ambitieuse.

Alors que peut faire la région ?
Face au désengagement de l’Etat, les régions ne peuvent pas tout. Toutefois le développement économique est une de leurs compétences essentielles. Cela comprend donc l’activité économique agricole et elles peuvent soutenir leurs filières.
C’est ainsi que nos élus sortants ont soutenu avec les socialistes, les filières en crise comme la viticulture, le lait, l’AB et les Cumas. L’exemple de la Viticulture ou la région a soutenu les viticulteurs et l’emploi en impulsant le regroupement des caves coopératives au travers de projets communs et en aidant financièrement à la commercialisation. En rachetant les quotats laitiers pour qu’ils restent dans la région, cette dernière a non seulement aider les producteurs de lait mais aussi l’emploi dans ce secteur de transformation.
Donc maintien du soutien aux secteurs en crise.
Les régions sont le deuxième échelon décisionnel après l’Etat. Elles ont à ce titre un rôle de contre pouvoir à jouer. Or, depuis 6 ans, les 20 régions de France dirigées par le PS refusent de l’assumer jusqu’au bout. Elles n’utilisent que le volet de leurs compétences et négligent le volet politique.

Au Front de Gauche, nous pensons que la région se doit d’être utile pour relever le défi agricole et alimentaire par la promotion d’une agriculture paysanne.

Nous proposons :

  • un schéma régional d’orientation foncière agricole qui permettrait d’intégrer les acteurs du monde agricole, les collectivités et organismes parapublics sur une question centrale de l’utilisation du foncier et de l’installation des jeunes.

C’est pourquoi la création par la région d’un établissement public foncier pour l’aide au maintien et à l’installation des agriculteurs pourrait être utile. (Possibilité de préempter).

  • de mettre en place des contrats régionaux rémunérant les producteurs, basés sur l’engagement de productions de qualité (AOC , Labels, AB , sans OGM…) qui valoriseraient les territoires et répondraient aux défis environnementaux.
  • de favoriser l’accès de tous à une alimentation équilibrée, restauration collective comprise, d’accompagner les circuits producteurs-consommateurs .
  • l’aide à la transformation locale des productions (céréales, oléagineux, lait, viande…), ou coopératives et entreprises agro-alimentaires seraient encourager dans cette démarche (ex. production du tournesol non transformé dans la région, les cumas du T&G. ont une expérience dans ce domaine.
  • une gestion démocratique de l’eau à usage agricole répondant aux besoins, afin de développer une agriculture de qualité avec une irrigation raisonnée.
  • l’aide à la diversification des revenus des agriculteurs au travers de la production des énergies renouvelables.
  • la valorisation de l’activité forestière.
  • le maintien des services publics en milieu rural

Voila quelques idées qui peuvent contribué à changer le visage de notre région à condition d’y mettre une bonne dose de concertation et de démocratie participative.

J’ouvre ici une parenthèse :
« Les bonnes pratiques agricoles » sont aujourd’hui nombreuses et les agriculteurs les respectent.

Mais il en existe de plus spécifique. Depuis 2008, au titre des mesures agro-environnementales territorialisées liée à la directive cadre sur l’eau, ont été validé en Midi-Pyrénées 7 projets de territoires dont l’objectif est de diminuer l’utilisation des produits phytosanitaires, par un meilleur raisonnement des traitements, la mise en œuvre de techniques de lutte alternatives, et la modification des itinéraires techniques. Pour le Tarn-et- Garonne, il s’agit de la MAE-DCE Gimone en Lomagne, dont la coopérative
Qualisol en a la responsabilité.
Donc voyez-vous, rien n’est figé, tout évolue, et les agriculteurs n’hésitent pas à s’adapter aux nouvelles contraintes environnementales.
Je terminerai en disant ceci :
En T&G tout comme en Midi-Pyrénées le rendement moyen en COP en sec avoisine 50qx en COP irrigué = 75qx.
Pas de quoi considérer les agriculteurs d’ici ou de la région comme des productivistes.

Toutefois nous avons besoin d’une agriculture productive, tracée et raisonnée, qui est source d’emploi pour nos territoires.
Et c’est dans ce cadre là que s’inscrit la MAE DCE GIMONE.
Par contre, sachons faire la différence et montrer du doigt en condamnant l’agriculture agri-busness, ultra-productiviste, telle quelle se pratique au Brésil par exemple, ou quand la période des moissons arrive se sont des armées de moissonneuses qui déferlent dans les immenses champs de colza ou de soja cultivés pour l’exportation. Dans ce pays, la surface cultivée en soja a été multiplié par 100 en 40 ans, alors que 16 millions de personnes y souffrent de malnutrition (8% de la population).

Pendant ce temps en France et dans l’EU la filière « soja de pays » a été abandonné car non soutenu.

Alors le 14 mars, faites le choix de voter pour les candidats de notre liste du Front de Gauche, afin de redonner de l’ambition à la gauche pour notre région.