Pour les ‘Nouvelles 82’, l’utilité du TGV ne fait aucun doute, car ce projet s’inscrit dans le combat de reconquête du rail qui présente, pour des raisons de sécurité et aussi d’écologie, une alternative à l’avion et aux déplacements individuels en voitures. Le tracé de la LVG dans le département, ne peut-il suivre au plus près l’autoroute ?

Ce choix est fondé sur la conviction que le transport des voyageurs comme des marchandises passe par le développement d’un réseau ferré maillé performant. Et dans ce sens, qui peut nier l’intérêt de liaisons rapides entre les métropoles, Toulouse/Paris via Bordeaux, mais aussi vers Narbonne, Montpellier ou Barcelone ?

Pour autant, cette réalisation ne rend pas obsolète l’exigence du renouveau du fret ferroviaire et du ferroutage. Elle doit être accompagnée, pour répondre aux différents besoins des usagers, par la mise en place d’une complémentarité avec le réseau des TER renforcé et les trains grandes lignes comme le Paris/Limoges/Toulouse rénovés.

De ce point de vue, on peut s’interroger sur la pertinence à créer une nouvelle gare dévoreuse d’espace située à peine à 35 km de Toulouse/Matabiau. Le site le plus favorable à cette interconnexion reste la gare actuelle de Montauban/Villebourbon où l’espace existe pour construire des installations réservées au TGV et où seulement certains trains rapides s’arrêteraient en empruntant la ligne actuelle, quitte à rallonger la durée du trajet de quelques minutes. Une ligne, au demeurant, qu’il sera nécessaire de doubler entre Toulouse et Montauban compte tenu de l’intensité du trafic.

Reste la question du financement. On connaît la propension du pouvoir actuel à se défiler de ses obligations et à transférer les charges qui lui incombent aux collectivités locales et à solliciter des investisseurs privés. Ainsi, celles-ci sont appelées à couvrir la moitié du coût de cette infrastructure estimé à 12,6 milliards d’euros, le département en déboursant 25,2 millions et la Ville de Montauban 11 autres. Il y a une vraie bataille à mener pour exiger une contribution majeure de l’Etat et s’opposer à toute implication du privé ou du semi- privé pour éviter toute soumission aux critères du libéralisme.

Guy Jamme