Alors que ses partenaires, le Parti de gauche (PG) et la Gauche unitaire (GU), ont déjà choisi Jean-Luc Mélenchon, le PCF veut conditionner le nom du prétendant à l'Élysée à un « accord global incluant le programme partagé, la stratégie politique et les législatives », explique Pierre Laurent.

Certes, dans son rapport d'ouverture, le dirigeant communiste entend souligner que « les candidatures en présence doivent être étudiées avec leurs avantages et leurs inconvénients », estimant que celle de « Jean-Luc Mélenchon doit être examinée comme une hypothèse sérieuse », mais, précise-t-il, « dans le cadre d'un accord global ». La précision semble d'autant s'imposer que les pourparlers entre responsables du Front de gauche coincent sur les législatives. « Si c'est pour avoir 75 % de candidats PCF, ça ne va pas, explique à l'AFP Éric Coquerel. Il faut un équilibre qui reconnaisse son poids, mais pas dans un rapport hégémonique. »

Le dirigeant du PG plaide pour des discussions sur la base de 50 % de candidats PCF, 30 % pour son parti et 20 % pour la Gauche unitaire et autres associatifs ou syndicalistes. Quant au PCF, il en revendique 80 %. « L'accord législatif doit respecter l'ancrage territorial des forces en présence, car il s'agit de créer une dynamique sur le terrain », réplique Pierre Laurent.

Mais, selon Christian Picquet, « tout le monde est d'accord pour que le PCF soit la force la mieux représentée. Néanmoins, les autres composantes ne peuvent être en état de subordination totale ». Le porte-parole de la GU estime « essentiel d'afficher la diversité du Front de gauche. Nous sommes un rassemblement de partenaires égaux, même si nous ne sommes pas de taille équivalente ».

Durant ce week-end, le Conseil national du PCF devra prolonger cette discussion ; plus généralement, il devra étudier le texte sur la stratégique politique. Adopté lors d'une rencontre au sommet du Front de gauche, le 31 mars 2011, le document se prononce pour « une campagne présidentielle et législative collective, avec un programme partagé, des candidatures partagées, des temps de parole partagés, des tribunes partagées, un matériel officiel partagé et une ambition partagée ». Ce texte est, selon Pierre Laurent, « la première pièce de l'accord global que l'on veut conclure ».

Il appartiendra ensuite aux communistes de discuter de l'ensemble des éléments jusqu'au vote de la conférence nationale du PCF, les 4 et 5 juin 2011. Cette instance réunissant les délégués devra se prononcer sur le nom du candidat qui portera les couleurs du Front de gauche. Laquelle proposition sera ratifiée par le vote des adhérents.

Mina Kaci

Le rapport de Pierre Laurent en ligne

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