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L'article de la Dépêche

Les syndicats ont atteint leur objectif hier pour la manifestation contre la réforme des retraites. 9 000 personnes sont descendues dans la rue à Montauban.

Le rassemblement fixé hier à 15 heures 30 sur l'esplanade des fontaines a très vite montré que la mobilisation serait forte contre le projet gouvernemental de réforme des retraites. Pour cette cinquième journée d'action depuis début 2010, l'intersyndicale composée de la CGT, de la CFDT, de FO, de CFE-CGC, de la CFTC, de la FSU, de l'UNSA et de Solidaires voulait faire mieux que le 24 juin. L'objectif a été largement atteint pour les syndicats. Après avoir remonté l'avenue Gambetta et franchi le Rond, les responsables ont fait leurs comptes dans la rue Léon Cladel : 9 000 manifestants. Dans le même temps, la police en dénombrait 6 000. En tout état de cause, le chiffre est largement supérieur à celui de la précédente journée d'action du 24 juin qui était de 6 000.

Antoine Lopez, secrétaire général de l'union départementale CGT a souligné la « grande réussite de cette manifestation » qui lui a rappelé « les grandes mobilisations de 1995 et 2003 dans les rues de Montauban. »

Derrière une banderole unitaire qui proclamait « Tous ensemble pour l'emploi, les services publics, les salaires et la protection sociale », il n'y avait pas que des fonctionnaires des collectivités, des enseignants, des agents de la Poste, de l'hôpital, des cheminots… Le secteur privé n'était pas en effet en reste, à l'image de cette banderole tendue par les salariés de Villeroy et Bosch…

« Les jeunes au boulot, les vieux au bistrot », « la Rolex à 50 ans et la retraite à 60 » et « Sarko au Smic, tu verras c'est plus chic » pouvait-on entendre et lire dans le cortège, rythmé par les sonos des syndicats et parfois même par quelques vuvuzelas. Un groupe de jeunes s'est livré également à une chorégraphie en chant « un pas en avant, deux pas en arrière, c'est ça la politique du gouvernement. »

Dans la rue de l'hôtel de ville, les manifestants ont reçu encore le soutien des magistrats et des fonctionnaires du tribunal. Habillés de leurs robes noires, ils sont descendus à une vingtaine pour applaudir le passage du cortège en signe de solidarité.

La manifestation s'est ensuite dispersée dans le calme devant la préfecture de Tarn-et-Garonne. « Cette journée s'annonçait comme une grande réussite, on l'a été » se félicitait Antoine Lopez.

Thierry Dupuy

Interview

« Un salaire de misère »

Nouredine Kudache ne s'est pas posé longtemps la question pour savoir s'il irait ou non manifester hier contre le projet gouvernemental de réforme des retraites. Ce comptable de 59 ans enchaîne depuis trois ans les emplois précaires. Selon lui, pas de doute, le monde du travail ne veut pas actuellement des seniors : « Personne ne veut de nous dans les entreprises. On n'a pas d'autre solution que de se retourner sur les contrats aidés. Depuis trois ans, je travaille ainsi à temps partiel avec des salaires de misère. Je gagne 775 € par mois. En fait, je suis en train de cumuler les trimestres au lieu de gagner de l'argent. La situation du pays me révolte. Nos dirigeants cumulent eux les salaires et les retraites, et osent nous dire ensuite que les caisses sont vides pour nous. C'est pour dénoncer cette injustice que je suis là aujourd'hui. Et qu'on nous dise plus de travailler plus pour gagner plus. On s'est fait avoir sur toute la ligne et la réforme des retraites qu'on nous promet c'est la même chose. »