Depuis le début du conflit sur les retraites, certains tentent d’opposer « légalité du législatif » et « légitimité de la rue ». Pour Mme Barèges, la démocratie se limite à mettre un bulletin de vote dans une urne. Une fois les élus désignés, silence dans les rangs.
Le citoyen n’aurait donc le droit de s’exprimer que lors d’une échéance électorale. C’est une vision plus que limitée du rôle du citoyen dans la cité. Le vote est certes important mais il ne confère pas à l’élu un blanc seing sur toute la durée de son mandat, surtout si l’élu ne respecte pas ses déclarations et promesses de campagne. Faut-il rappeler à Mme Barèges que le Président Sarkozy a affirmé ne pas avoir reçu de mandat pour revenir sur la retraite à 60 ans ?

La démocratie « souveraineté du peuple » s’exerçait à Athènes avec l’équivalent d’un Sénat et avec l’Ecclésia, l’assemblée des citoyens. « Tous les citoyens avaient le droit de prendre la parole et de voter à l’Ecclésia (source wikipédia) », c’est ce qu’on appelle la démocratie directe et c’est ce que Mme Barèges ne veut pas. Aujourd’hui, l’Ecclésia c’est la rue ! Et elle n’en est pas moins légitime que le vote.

Sur les retraites et leur financement, il n’y a pas eu de véritables discussions et négociations au niveau national. Rien d’étonnant à cela, le pouvoir craint les citoyens qui se mettent à réfléchir. L’exemple du référendum sur le traité constitutionnel leur a servi de leçon.

Dans ces conditions, la rue continuera à s’exprimer et nous n’oublierons pas d’aller voter lors des prochaines échéances, Mme Barèges peut en être sure.

Guy Daimé.