Chaque soir, dans mes discours, j’ai l’occasion de le répéter : nous redonnons ses lettres de noblesse à la politique. Loin d’aller chercher nos suffrages dans les caniveaux, comme certains hiérarques aux abois de l’UMP avec leurs tirades sur « l’identité nationale », loin de ne travailler que sur les coups médiatiques qui peuvent éventuellement attirer une ou deux caméras, nous installons dans le débat public des idées et des propositions. Nous relayons la parole de celles et ceux qui souffrent et voudraient tant retrouver le chemin de l’espoir. Nous ne nous contentons pas d’afficher de la compassion pour ce qu’endurent travailleurs, chômeurs, précaires, jeunes, nous faisons la démonstration qu’il n’y a aucune fatalité à vivre aussi mal lorsque le pays produit plus de richesses que jamais. Nous donnons à voir l’engagement des hommes et des femmes qui composent nos listes et sont de tous les combats pour la justice, la dignité, l’égalité.

Ma double campagne…

Quatre temps forts nationaux auront ponctué ma fin de campagne, mettant enfin en visibilité notre Front de gauche puisque Marie-George Buffet, Jean-Luc Mélenchon et moi-même y auront participé. J’aurai, pour être présent, dû m’extraire quelques heures de mon action en Midi-Pyrénées. Je l’aurai fait avec précaution, car je me dois d’abord à l’âpre bataille que livrent, dans cette région dont je « tire » la liste du Front de gauche, mes camarades communistes (dont je ne dirai jamais assez l’admiration dont me remplit leur dévouement, leur courage, leur opiniâtreté à labourer le terrain, leur sens de la fraternité aussi), les amis du Parti de gauche (dont j‘aime la détermination à rester fidèles à la grande tradition du socialisme républicain), et les miens, militants et militantes de Gauche unitaire, aux côtés desquels j’ai tant de fierté à me battre aujourd’hui pour que la gauche redevienne la gauche…

Ce lundi 1er mars, donc, j’étais à la Mutualité pour soutenir Pierre Laurent, aux côtés de mes camarades Céline Malaisé et Marie-Pierre Toubhans, respectivement tête de liste dans les Yvelines et candidate éligible dans l’Essonne. 2000 personnes ! Mercredi, je mis le cap sur Marseille, avec Jean-Marc Coppola, et avec l’immense plaisir de retrouver la chaleur communicative de mon vieux complice Jacques Lerichomme, de sa compagne Françoise, de Jean-Claude Labranche, syndicaliste marseillais dont je fis la connaissance aux premiers temps du NPA avant qu’il ne nous rejoigne, et de tous ceux et toutes celles qui en ce moment se rapprochent ou adhèrent à la GU. 1000 personnes ! Vendredi dernier, j’étais à Clermont-Ferrand, pour soutenir André Chassaigne et constater quelle belle campagne il mène avec ses colistiers, dont ma camarade Maïté Ballais, seconde de liste dans le Puy-de-Dôme (sans oublier Gérard Blanchet, candidat dans l’Allier, mais aussi Serge Vasset ou Gérard Bohner comme tous ceux qui forment la belle équipe de GU en Auvergne).
1000 personnes,là encore !
Enfin, ce mardi 9 mars, je me rendis à Lyon, pour le point d’orgue de la campagne d’Élisa Martin, et j’aurai eu la joie de retrouver un vieil ami, Armand Creus, sa compagne Anne, Éric Butot, Denis Marx, Denise Milbergue, Jean-Michel Drevon, Henri Saint-Jean et tous les autres… 1800 personnes à la Bourse du travail, plus qu’à l’occasion du meeting final des européennes.

Ici, à Toulouse, notre meeting régional a bien failli se trouver enseveli… sous la neige. Une tempête comme la ville n’en connaît pas souvent a contraint de nombreux cars à rebrousser chemin et les rues verglacées de la ville en ont, nous le savons, décourager plus d’un de faire le déplacement à la salle Mermoz. À trois heures du début de la rencontre, nous nous sommes même demandés si nous n’allions pas annuler tant les routes étaient devenues impraticables. Hind Khoury, l’ambassadrice de la Palestine dont j’avais souhaité qu’elle soit l’invitée d’honneur de notre soirée, a elle-même préféré renoncer de crainte de ne pouvoir reprendre l’avion le lendemain. Fort heureusement, la neige s’arrêta de tomber sur le coup de 17 heures et… nous étions tout de même 1000 à remplir la salle à l’heure dite. Mes amis Patrice Bessac, du PCF, et Jean-Luc Mélenchon étaient venus m’apporter leur soutien. Ceux qui purent faire le déplacement en garderont, j’en suis certain, un très grand souvenir…

Entre tous ces rendez-vous nationaux, je me serai rendu à Tarbes (400 personnes rassemblées), pour soutenir Marie-Pierre Vieu et mon camarade Laurent Rougé, numéro deux sur la liste des Hautes-Pyrénées ; j’aurai encore passé une soirée dans le Comminges ; j’aurai participé à un rassemblement de cheminots de la CGT à Saint-Jory, en défense du fret et du service public ferroviaire ; j’aurai rencontré l’intersyndicale de France 3, société que le pouvoir est en train de dépecer avec des conséquences désastreuses sur l’emploi, les conditions de travail, la qualité des programmes et même de l’information ; j’aurai répondu à je ne sais combien d’interviews, de questionnaires, de sollicitations. Cette semaine, j’aurai successivement tenu conférence de presse à Montauban, meeting à Auch et à Castres. Ce jeudi, après une rencontre avec l’association Partage, dans le quartier toulousain de La Faourette (une trentaine de présents, dont de nombreux chômeurs), je suis à Auch, avant de terminer, ce vendredi 12, mon périple à Millau, Villefranche-de-Rouergue et Cahors… Celles et ceux qui m’accompagnent savent dorénavant ce que recouvre la notion de campagne de terrain…
J’ai sans doute au compteur près de 20 000 kilomètres !

Ultime message

Bon ! Il reste à présent deux jours pour faire la différence, sans se laisser impressionner par des sondages aussi fluctuants que sujets à caution de par leurs conditions de réalisation. Deux choses, dans lesdites « enquêtes d’opinion », semblent toutefois corroborer ce que nous ressentons au quotidien. Un, la volonté de délivrer à Sarkozy et aux siens le carton rouge qu’ils méritent, est en train de se concrétiser avec éclat. Deux, le Front de gauche s’est bien réinstallé dans les intentions de vote et il progresse nationalement. C’est le signe d’une énorme demande de gauche, d’une aspiration montante à ce que la gauche reprenne ses belles couleurs rouges, d’une reconnaissance du bien-fondé de la démarche de rassemblement qui nous caractérise.

Notre message de la dernière ligne droite doit, dans ces conditions être simple.

S’il faut effectivement tout faire pour que cette consultation électorale devienne la Berezina du petit monarque qui nous gouverne, il faut rendre la victoire la plus utile possible pour l’avenir.

Le vote Front de gauche est le seul qui permettra, au cœur de la gauche, qu’une force et des élus en nombre conséquent pèsent de tout leur poids dans le sens de la contre-offensive dont nous avant tant besoin.

Il est le seul qui permet d’envisager que les Régions ne soient pas simplement des instances de gestion peinarde de la pénurie, mais qu’elles assument tous les bras de fer nécessaires avec le régime sur les grands dossiers nationaux, de la défense du service public à la contre-réforme des collectivités territoriales. Il est le seul qui autorise à envisager que, sur le champ direct de leurs compétences, elles ouvrent des brèches dans les logiques capitalistes, libérales, productivistes qui bouchent l’avenir du plus grand nombre. Il est le seul à même de préparer au mieux les confrontations sociales qui se dessinent déjà et, au-delà, qui anticipe le changement radical de la politique conduite à la tête de ce pays.

Je me résume. Il est désormais à peu près certain que la droite va recevoir la raclée qu’appelle sa gestion. Tant mieux, nous ferons tout pour qu'il en aille ainsi. Cela dit, c'est une raison de plus pour oser le vote Front de gauche !