L’argent est au centre du problème ?

JLP : L’argent il en faut dans le sport. Mais il ne doit pas être la première valeur en l’occurrence du rugby pro ; Les hommes doivent passer en premier. Et pour ce qui est de l’argent, il faut une limite dans la grimpée des salaires des joueurs de rugby

Tu as été à la tête du MTG XV pendant 2 ans, ton budget était équilibré

JLP : on ne gère pas un club de rugby comme une entreprise. On sait que de nombreux aléas pèsent sur un budget de club : subventions, qualifications, lien avec le monde de l’entreprise. C’est clair que le risque d’un manque de 300 000 euros à la fin d’année peut se comprendre. Mais pas 3 millions ! Il y a donc eu mauvaise gestion dans la dernière période.

C’est vrai que le trou financier est important

JJP : la Matmut était le principal financeur du club. Pourtant quand son PDG demande un audit sur les finances du club, cela lui est refusé. L’erreur est la. En écartant de fait la Matmut, ils ont mis dehors celui qui payait. Le déficit s’est creusé et personne n’a rien dit se contentant de vagues promesses. Celles-ci n’engagent que ceux qui les écoutent. On voit le résultat. Ce n’est pas sur des promesses que se gère un club. Le choix des hommes et des compétences pour les gérer appartient aux clubs, il faut que les politiques restent en dehors

Mais leur responsabilité est engagée

JLP : Bien sur. En tant que citoyen on peut se poser la question s’il est normal que les collectivités se substituent tout le temps à la mauvaise gestion d’un club. Par contre à partir du moment ou un club perçoit une subvention, il est normal pour la collectivité d’ouvrir l’œil et d’éviter une dérive telle qu’on vient de la connaître.



Parlons a présent de l’avenir

JLP : Pour moi, il faut maintenant mettre en place des hommes nouveaux et recréer la confiance, l’esprit de fraternité et de solidarité pour pouvoir un jour revoir flotter haut le drapeau de Sapiac

Comme tu as tenté de le faire dans un passé récent

JLP : Mon passage à la direction du MTG XV a été une expérience humaine enrichissante. Mon seul but a été de mettre en place, de pérenniser le professionnalisme du Rugby Tarn et garonnais, avec pour conviction l’amour de ma ville, de mon département et de ce sport. Ma tristesse et ma désolation sont d’autant plus grandes, comme tous les supporters, de voir que certains ont pu commettre un tel gâchis. Si on est convaincu que le sport doit faire le consensus et l’unanimité autour de lui, ce que j’espère profondément, ce mauvais épisode aura servi de leçon.

Recueilli par André Greder